Mon frère, ma soeur,
Hazrat Youssouf (as) fils de Hazrat Ya'kûb (as) fils de Hazrat Ishaq (as) est le Messager d'Allah connu pour sa beauté légendaire.
On se souvient que celle qui l'avait reçu dans sa maison (Zulaykha, épouse du ministre), fut subjuguée par son extrême beauté et essaya de le séduire.
Lorsque les femmes de la ville entendirent ceci, elles dirent: « La femme d'Al-'Azize essaye de séduire son valet! Il l'a vraiment rendue folle d'amour. Nous la trouvons dans un
égarement évident. Lorsqu'elle (Zulaykha) eut entendu leur fourberie, elle leur envoya (des invitations), et prépara pour elles une collation; et elle remit à chacune d'elles un couteau. Puis
elle dit (à Youssouf as): « Sors devant elles! » Lorsqu'elles le virent, elles l'admirèrent, se coupèrent les mains et dirent: « A Allah ne plaise! Ce n'est pas un être humain, ce
n'est qu'un noble ange! » (S12/ V30-31). Ainsi était sa beauté!
Mais outre sa beauté, Hazrat Youssouf (as) était connu pour d'autres qualités exceptionnelles. Allah lui avait également
accordé Sagesse et Savoir. (S12/ V22)
Dans la Sourah du Qour'ân portant son nom, Allah dit:
« Et il (Youssouf) éleva ses parents sur le trône, et tous tombèrent devant lui, prosternés (façon de se saluer à l’époque). Et il dit : « Ô mon
père, voila l’interprétation de mon rêve de jadis. Allah l’a bel et bien réalisé…Et Il m’a certainement fait du bien quand il m’a fait sortir de prison, et qu’Il vous a fait venir de la campagne,
après que le Diable ait suscité la discorde entre mes frères et moi. Mon Seigneur est plein de douceur pour ce qu’il veut. Et c’est Lui, L’Omniscient, Le Sage. » (S12/
V100)
Dans ce verset, Le Très Haut nous raconte le moment où Hazrat Youssouf (as), après une longue période et de multiples péripéties retrouve ses parents et ses frères. Et là, il prend la
parole, et s’adresse à son père, Hazrat Ya’qûb (as).
Arrêtons-nous là une minute, et réfléchissons ! Si aujourd’hui, quelqu’un devait faire face à autant d’épreuves auxquelles Hazrat Youssouf (as) a fait face, et qu’après une
longue séparation d’avec ses parents, il devait les retrouver, combien cette personne se plaindrait, pleurerait, ferait pleurer les autres, et combien de jours et nuits il passerait à
raconter ses péripéties et épreuves, à accuser et dénoncer ceux qui lui ont fait du mal, ceux qui sont à l’origine de ses épreuves…
Mais il s’agit ici de Hazrat Youssouf (as) qui retrouve son père. Et comment a-t-il agi, lui ? A-t-il agi comme le commun des mortels ? Non ! C’est un Elu
d’Allah qui s’adresse à un autre Elu d’Allah ! C’est un fils Prophète qui s’adresse à un père Prophète ! Allahou Akbar !
En prenant la parole, il donne d’abord l’interprétation du rêve qu’il avait fait jadis, lorsqu’il était enfant. Les onze étoiles représentaient ses 11 frères, le soleil son
père, et la lune sa mère. Et tous étaient tombés devant lui, en prosternation.
Ensuite, au lieu de se plaindre, il résume ce qui lui est arrivé en faisant preuve de reconnaissance vis-à-vis d’Allah (« Et certes, Il m’a fait du bien quand… »). Et c’est en une seule phrase, qu’il résume toute la situation. Et celle-ci se divise en 3 points
principalement :
1. L’injustice des frères.
2. La longue séparation d’avec les parents.
3. Les difficultés de la détention (en prison).
1. L’Elu d’Allah inverse avant tout l’ordre des évènements. Il commence tout d’abord par l’épisode de la prison. Et là également, il ne parle ni
de son incarcération injuste, ni des difficultés de la détention, mais il leur rappelle uniquement le bienfait d’Allah lorsque celui-ci le délivra de cette épreuve.
Est aussi à méditer le fait que Hazrat Youssouf (as) aurait pu, toujours par reconnaissance à Allah, citer également l’épisode du puits, d’où il a été délivré. S’il ne l’a pas fait, c’est
parce qu’il avait déjà pardonné ses frères en disant : « Pas de reproche contre vous aujourd’hui. Qu’Allah vous pardonne, c’est Lui Le plus Miséricordieux des
miséricordieux. » Il n’a donc pas mentionné cette partie de son histoire, afin de ne pas rappeler à ses frères leur acte, et les mettre ainsi dans la gêne.
2. Concernant ensuite la séparation d’avec ses parents, il ne mentionne pas toute sa douleur, toutes ses inquiétudes et ses doutes. Mais, mettant de côté
tout ceci, il préfère en arriver directement à la conclusion et, toujours avec reconnaissance à Allah, il mentionne leurs retrouvailles et leur venue en Egypte.
3. Il termine enfin avec l’injustice des frères. Mais c’est avec beaucoup de subtilité qu’il ne les mettra pas en cause, en mettant cette injustice sur le
compte de Satan. Pour lui, ses frères ne sont pas ainsi, ils ne pouvaient faire une telle chose. C’est plutôt Satan qui a semé la discorde entre eux. Il ne leur en veut donc pas.
Voila mon frère, ma sœur, les enseignements des Prophètes (as)! Non seulement ils ont enduré avec patience les pires épreuves, mais ils trouvaient dans chacune de leur
épreuve de quoi remercier Le Créateur !
Voila de quoi nous faire réfléchir, nous qui jouissons constamment des bienfaits innombrables du Généreux. Ne devrait-on pas faire preuve de gratitude pour avoir été tant comblé ? Chez
eux, il y avait la reconnaissance dans les épreuves. Et quoi chez nous ? Des plaintes dans le confort et l’opulence ? Ne devrait-on pas cesser de se plaindre pour les moindres
petites gênes de la vie ?
Que Le Très Haut nous compte parmi les Reconnaissants.
Âmine.
(réf. « Ma’ârifoul Qour’ân » de Moufti Chafi ra)
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