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Que dit l`Islam?

lu sur muslimreunion.com

La mer et la terre ferme : une vérité étonnante !


Depuis environ 25 ans, les chercheurs ont découvert une réalité numérique que le Saint Coran a citée avec une précision prodigieuse, et ce concernant la proportion de la mer (contenant océan, mer, lac, …) par rapport au continent (la terre ferme), j’ai reçu plusieurs requêtes m’interrogeant sur la validité du fait. J’ai décidé alors de compter de nouveau le nombre de fois que les mots « mer » et «La terre ferme » (ou La terre) sont répétés dans le Coran tout entier.

Le mot « mer » est cité dans le Coran, au singulier, dans 32 versets.Et le mot « terre ferme » est cité au singulier dans 12 versets, en plus d’un autre verset où il est mentionné sous la forme de « passage à sec »[1] qui veut dire la même chose, et donc le total est de 13.

Résumons;Le nombre de versets du Coran dans lesquels le mot « mer » est cité est de 32.Le nombre de versets du Coran dans lesquels le mot « terre ferme » est cité est de 13.Le nombre total de versets du Saint Coran dans lesquels les mots « mer » et « terre ferme » sont cités est de : 32+13=45 versets.

Et par un simple calcul de proportionnalité de chacun de ces deux éléments ; si on veut calculer combien représente le mot « mer » dans la totalité des 45 versets ; on doit diviser le nombre de répétitions de ce mot (32) sur le total qui est 45 : Le pourcentage sera comme suit :32 ÷ 45 = 71 %Et la proportion des versets contenants le mot « Terre » (13) par rapport au total des versets (45) on obtient :13 ÷ 45 = 29 %


Récapitulons ;
On aboutit au résultat suivant : la proportion de la mer et du continent (la terre ferme) dans le Coran est 71 % et 29 % successivement.Et si on visite le site web de l’administration de l’aéronautique nationale et de l’espace (NASA) , on découvre qu’ils citent les mêmes pourcentages ; 71% pour les mers et 29% pour les continents (terre ferme).[2]

Cette concordance surprenante, même miraculeuse, témoigne que Dieu, Le Tout Puissant, a bien éclairci toute chose dans le Saint Coran, IL dit : « Et Nous avons fait descendre sur toi le Livre, comme un exposé explicite de toute chose, ainsi qu'un guide, une grâce et une bonne annonce aux Musulmans. » [Les abeilles (An-Nahl) ; verset 89]

Auteur : Daim Kaheel
Apports et Ajouts : Muslim Réunion
Sources :
[1] Sourate « Ta-Ha » verset 77
Les sens du Saint Coran en français
Le livre "Les Miracles du Coran"
La position de l'Islam sur la transfusion sanguine et le don du sang..

Écrit par Qari Mouhammad Patel   

Question: Est-ce que je peux donner mes organes quand je serai décédé ou est-ce que je dois les garder avec moi dans ma tombe? Ceci est une question fortement controversée parmi le monde islamique.

Réponse: Comme vous le faites justement remarquer, la question du don d'organe fait l'objet de nombreuses divergences parmi les savants musulmans.

Pour simplifier, vous trouverez dans les lignes suivantes un résumé de la position des savants du monde arabe, ainsi que celle des savants indo-pakistanais sur les différents aspects de cette question.

Voici d'abord un extrait du compte rendu qui a été publié à la suite du deuxième séminaire sur la jurisprudence islamique, qui s'est déroulé à Delhi les 1er, 2 et 3 Avril 1989, concernant la transplantation d'organe (Il est important de rappeler que ce compte rendu exprime l'opinion de la quasi-totalité des participants du séminaire, et fait donc autorité sur la question en ce qui concerne l'école hanafite):

  • La vente d'organes humains est interdite.
  • Si un malade se trouve dans la situation suivante:
    • il a complètement perdu l'usage d'un de ses organes
    • si une transplantation d'organe n'est pas effectuée, il y a un fort risque qu'il décède
    • aucune prothèse ne peut palier la déficience dont il est victime
    • des médecins expérimentés ont la certitude qu'il n'y a aucun moyen de sauver sa vie, excepté par une transplantation d'organe
    • les médecins sont à peu prêt sûrs qu'à la suite d'un transplantation, sa vie sera sauvée
    • un organe sain est disponible

dans un tel cas extrême de nécessité, il sera permis à ce malade d'avoir recours à une transplantation d'organe.

  • Si une personne en bonne santé arrive à être persuadée (à la suite de diagnostiques émis par des médecins expérimentés) que s'il se sépare d'un des organes présents en double dans son corps (comme ses reins etc…), sa santé ne sera pas affectée, alors il a le droit de faire don d'un de ses organes à un membre de sa famille qui risque de mourir s'il n'a pas immédiatement recours à une transplantation (et il ne dispose pas non plus d'aucune autre alternative en matière de traitement).
  • Il n'est pas permis au mourant de léguer ses organes pour un éventuel prélèvement après la mort. (Référence: "Djadîd fiqhi masâil Volume 2 - Pages 408/409)
  • Ce dernier article vous donne l'opinion des savants indo-pakistanais sur la question que vous posez. Cependant, il faut savoir que ce point ne fait pas l'unanimité. Certains savants, comme Cheikh Khâlid Saïfoullah (éminent savant indien de l'école hanafite), autorisent le prélèvement des organes du corps d'une personne défunte, à condition qu'elle ait donnée pour cela son accord durant sa vie; de même, il sera nécessaire d'avoir au préalable le consentement de ses héritiers. (Référence: "Al halâl wal harâm" (Pages 182 - 183)

Pour ce qui est de l'opinion des savants du monde arabe, voici la traduction d'une Fatwa émise par "The Islamic Fiqh Council" (Madjma' al-Fiqh al Islâmi):

  • Il est permis de transplanter et de greffer un organe à partir d'une partie du corps d'une personne vers une autre partie de son corps, en veillant à ce que les profits de cette opération dépassent les éventuels maux qu'elle pourrait occasionner, et à condition que cela est fait afin de remplacer la perte d'un organe, pour restaurer son apparence ou sa fonction régulière, ou encore afin de corriger un défaut occasionnant un état de détresse psychologique.
  • Il est permis de transplanter un organe ou un tissu à partir d'une personne sur une autre, si cet organe ou ce tissu est capable de se régénérer seul, comme la peau ou le sang par exemple, à condition que le donneur est mature et comprend parfaitement ce qu'il est en train de faire. Il est nécessaire aussi que les autres conditions essentielles de la Charia' (portant sur ce genre de don) soient respectées.
  • Il est permis d'utiliser un organe ou un tissu qui a été prélevé d'une personne pour cause de maladie afin d'en faire profiter une autre. Il est ainsi autorisé d'utiliser pour une transplantation la cornée d'un œil qui a été retiré pour cause de maladie.
  • Il est interdit de prélever un organe vital (comme le cœur, par exemple) d'une personne vivante pour le transplanter sur une autre.
  • Il est interdit de prélever un ou plusieurs organes d'une personne vivante quand cela peut affecter une de ses fonctions essentielles et primordiales, même si cela ne met pas sa vie en danger (comme c'est le cas, par exemple, si les cornées des deux yeux sont prélevées). Cependant, si un tel prélèvement n'occasionne qu'une affectation partielle de ce genre de fonction, la question de savoir le caractère licite ou illicite de cet acte est encore à l'étude parmi les savants.
  • Il est permis de prélever un organe à partir du corps d'une personne décédée et de le transplanter sur une personne dont la vie ou la préservation d'une de ses fonctions essentielles et primordiales dépendent de cet organe, à condition que la permission de ce prélèvement soit donnée par la personne durant son vivant, ou par ses héritiers, ou par le responsable des musulmans, dans le cas où l'identité du défunt n'est pas établie ou qu'il n'a pas d'héritiers.
  • Une précaution particulière doit être prise afin de s'assurer qu'un réel accord inconditionnel a été obtenu dans le cas mentionné ci-dessus, et que ce transfert d'organe n'a pas fait l'objet d'une transaction financière quelconque, car le commerce d'organes n'est en aucun cas autorisé.
  • Tous les autres cas de figure pouvant se présenter sont encore à l'étude et nécessitent des recherches supplémentaires, aussi bien à la lumière des données d'ordre médical que des principes juridiques.

Vous trouverez cette Fatwa (qui pourrait être considérée comme un texte de référence pour les écoles châféites et hambalites) en arabe à l'adresse suivante: http://www.islam-qa.com , dans la rubrique jurisprudence, At- Tibb (Fatwa N° 2117)

Wa Allâhou A'lam !

Dieu est Plus Savant !


En classe de cinquième, les collégiens étudient la civilisation musulmane. Nos chers manuels scolaires innocents et à objectif strictement pédagogique (!) ne manquent pas de souligner que l’islam s’est répandu à la force de l’épée. Dans ce qui suit, nous dressons un inventaire de ces fameuses armes utilisées lors des conquêtes musulmanes.

Les arabes étaient commerçants ou agriculteurs pour la plupart et n’avaient jamais combattu un peuple. La vie du désert laisse peu de possibilités pour la mise en place d’une organisation militaire durable. La péninsule arabique n’avait jamais été connue pour une quelconque effervescence armée, mais plutôt pour une perpétuelle animation commerciale avec la présence de grands marchés situés à des points stratégiques.

Le Coran nous rappelle un incident qui précède l’arrivée du dernier des Prophètes (paix sur eux) où un roi du Yémen nommé Abrâhah marche sur La Mecque pour détruire celle-ci. Que font alors les mecquois ? Viennent-ils à l’affrontement en tant que combattants redoutables ? Font-ils face à l’ennemi en tant que patriotes convaincus ? Pas un seul ne reste. Ils fuient tous la ville et la laissent aux mains des yéménites. Seul un homme, le plus digne de tous les mecquois, vient au devant de Abrâhah pour demander quelque chose. Il s’agit de ‘Abdoul Mouttalib, futur grand-père du Prophète Mouhammad (paix sur lui). Mais à la grande surprise de Abrâhah qui s’attend à une négociation portant sur la reddition des mecquois, le patriarche de La Mecque se contente de réclamer qu’on lui rende les quelques chameaux qu’on lui a pris. Quand Abrâhah lui parle du sanctuaire sacré, ‘Abdoul Mouttalib répond très simplement : « Je suis venu réclamer ce qui m’appartient. Quant à la Kâ’bah, je la laisse à son propriétaire ! » Et l’armée de Abrâhah périra par une attaque d’oiseaux venus en grand nombre jeter chacun une pierre : « Comme de la paille mâchée » est l’expression coranique décrivant le résultat.

Non, les arabes n’étaient pas un peuple de guerriers. Cela n’empêche pas qu’il y eût chez eux, comme dans toute communauté, des individus hors pair en matière de lutte. Mais dans sa majorité, le peuple arabe n’était pas habitué aux conflits armés.

Comment expliquer alors la fulgurante ascension de l’islam qui en moins d’un siècle mettra à terre les empires perse et byzantin pour gérer avec brio un espace grand comme la moitié du monde ?


Une seule explication : les armes utilisées par les musulmans étaient tout simplement trop sophistiquées et trop efficaces. C’est la bonne explication. Voyons maintenant ce qu’étaient ces fameuses armes.

Cheikh Hassan al-Bannâ (que Dieu lui fasse miséricorde) parle de ces armements très particuliers dans un texte resté célèbre intitulé Da’watuna Fî Thawrin Jadîd :

« La prédication véritable interpelle d’abord les âmes, puis réveille les cœurs et ouvre les espaces les plus secrets de l’intimité. Il est impossible que celle-ci prenne racine avec le bâton ou sous les coups du pilon et des projectiles. Au contraire, les moyens sur lesquels se fonde et s’enracine toute prédication sont connus, reconnus et ont dû très vraisemblablement être identifiés par quiconque a un penchant pour l’histoire des mouvements ; ils tiennent en quelques mots : la foi, l’action, l’amour, la fraternité. Qu’a donc fait le Prophète (paix sur lui) alors qu’il cherchait à ancrer son appel dans l’intimité des premiers partisans parmi ses compagnons, si ce n’est de les appeler à la foi et à l’action, puis il a uni leurs cœurs au moyen de l’amour et de la fraternité : ainsi se sont unies la force de la foi et celle de l’unité, et leur groupe est devenu un mouvement modèle dont la parole devait forcément être entendue et l’appel être victorieux, même si tous les hommes de la terre s’y étaient opposés. »

Tel était le secret ! La foi, l’action, l’amour et la fraternité. Munis de ces quatre armes, les musulmans brisèrent tout sur leur passage : la mécréance, l’inaction, la haine, l’inimitié… rien ne devait leur résister.


Dans un autre texte intitulé Ilâ ay Shay Nad’û an-Nâss, Cheikh Hassan al-Bannâ écrit :

« Beaucoup de gens pensent que ce qui manque à l’Orient, c’est la force matérielle telle que l’argent, l’équipement, les appareils de guerre et de combat pour se développer et dépasser les nations qui lui ont volé ses droits et écrasé sa population. C’est à la fois vrai et important, mais ce qui est plus important et le plus impératif encore, c’est la force spirituelle portant sur la noble moralité, la personnalité digne et la foi en ses droits (avec leur connaissance) en même temps que la volonté des Anciens. Il convient également de développer le don de soi dans la voie du devoir et de la fidélité sur laquelle reposent la confiance et l’unité, et d’où enfin naît la force. »

Cheikh Sa’îd Ramadan (que Dieu lui fasse miséricorde) disait : « Notre problème est un problème de spiritualité. Si un homme vient me parler des réformes à entreprendre dans le monde musulman, des stratégies politiques, des grands desseins géostratégiques… ma première question sera de lui demander s’il a effectué la prière d’avant l’aube (al-fajr) à son heure. » Et une fois qu’il jetait un regard sur sa vie, il disait : « Notre morale, notre conscience du bien et du mal, est une arme qu’utilisent contre nous les despotes, les amoureux des titres, du pouvoir et de l’argent. Ils font ce que nous ne pouvons faire, ils mentent comme nous ne pouvons mentir, ils trahissent comme nous ne pouvons trahir, ils tuent comme nous ne pouvons tuer. Notre exigence devant Dieu est, à leurs yeux, notre faiblesse. Cette apparente faiblesse est notre véritable force. »

Durant l’histoire de l’islam, les plus perspicaces parmi les dirigeants musulmans étaient très attentifs à ce que les principes de l’islam soient respectés même en matière de propagation islamique. On trouve ces lignes dans Civilization of Faith de Cheikh Moustapha as-Sibâ’î (que Dieu lui fasse miséricorde) :

« A l’époque de ‘Oumar Ibn ‘Abdoul ‘Azîz (que Dieu lui fasse miséricorde) le grand calife des omeyyades, quelques personnes non musulmanes de Samarkand, connaissant la justice légendaire du personnage, vinrent se plaindre à propos d’une affaire particulièrement délicate. Selon eux, quand les musulmans prirent leur ville de Samarkand, ils le firent avec traîtrise et d’une manière inacceptable.

‘Oumar Ibn ‘Abdoul ‘Azîz écrivit au gouverneur de Samarkand une lettre dans laquelle il demanda que les musulmans désignassent entre eux un juge (qâdhî) pour mener l’enquête. Si les faits étaient avérés, le calife demandait aux musulmans de quitter Samarkand. Quand le gouverneur des musulmans reçut cette lettre, il désigna comme juge un certain Jamî Ibn Hâdir al-Bâjî (que Dieu lui fasse miséricorde) qui était musulman. Ce juge procéda aux investigations et confirma le bien-fondé de la requête des non musulmans. Il trancha en décidant que les musulmans devaient immédiatement quitter la ville. Le gouverneur suivit le jugement et demanda aux musulmans de partir en laissant tout.

Les gens de Samarkand, témoins de tout cela, comprirent qu’ils vivaient un moment unique de l’histoire en matière de justice. Ils dirent : « De tels hommes ne doivent pas être combattus car leurs principes sont une bénédiction et une miséricorde. » Ils insistèrent alors pour que les musulmans restent »


Et Cheikh Moustapha as-Sibâ’î d’ajouter ce commentaire :

« Une armée conquiert une ville. Et voilà qu’au nom d’un principe non respecté, ils évacuent la ville ! Où avez-vous vu pareille chose ? Qu’on me montre un seul exemple dans une autre civilisation qui soit comparable !

Quand les musulmans prirent Damas, ils prélevèrent aux non musulmans une somme (jizyâ) en échange de quoi ils s’engageaient à protéger ces non musulmans. A l’époque de Aboû Bakr (que Dieu soit Satisfait de lui), les byzantins sous l’égide d’Héraclius rassemblèrent une dernière fois toutes leurs forces pour un combat qui s’annonçait terrible. Les sages parmi les musulmans se réunirent et décidèrent que les forces musulmanes devaient quitter les villes et se réunir en un seul endroit pour préparer l’affrontement. Ainsi, la plupart des grandes villes furent délaissées. Khâlid Ibn al-Walîd dirigeait à Homs, Aboû ‘Oubaydah dirigeait à Damas… Chacun d’eux ainsi que chaque gouverneur musulman rassembla les gens de leurs villes et leur dit en substance : « Nous avions pris de votre argent une somme en échange de quoi nous nous engagions à vous défendre. Mais nous sommes aujourd’hui dans l’obligation de quitter la ville et nous ne pourrons pas vous défendre. Nous devons vous rendre votre argent. Le voici. » Les hommes de ces villes répondirent : « Que Dieu vous ramène à nous triomphants, car vos règles et votre justice nous sont plus chers que l’injustice des Byzantins. Par Dieu, s’ils avaient été à votre place, jamais ils ne nous auraient rendu notre argent. Plutôt ils auraient profité de l’occasion pour nous prendre tout ce qui est possible de prendre.


Quand les Tatars envahirent la Syrie, ils firent prisonniers les Juifs, les Chrétiens et les musulmans. Cheikh-oul-islâm Ibn Taymiyyah (que Dieu lui fasse miséricorde) intervint alors au devant du roi des Tatars par une locution restée célèbre dans laquelle il demanda la libération des prisonniers. Le leader tatar accepta et dit que les musulmans seraient libérés. Mais Ibn Taymiyyah déclina l’offre et dit : « Il vous faut relâcher également les Juifs et les Chrétiens car ce sont des gens qui vivent sous notre protection. Et nous ne laisserons derrière nous aucun de nos prisonniers et aucune personne sur qui nous avons une responsabilité ! »

Telles étaient les armes qu’utilisaient les musulmans et qui leur permirent de rayonner aux quatre coins du globe. Le Messager de Dieu (paix sur lui) leur avait inculqué le sens de la responsabilité permanente devant Dieu comme devant les hommes. Cheikh Hassan al-Bannâ nous explique dans Da’watuna Fî Thawrin Jadîd :


« Quelle lumière issue des soleils de la rabbâniyya le Prophète bien-aimé (paix sur lui) a-t-il donc attisée dans le cœur de ses compagnons pour qu’elle donne le jour et offre la lumière après tant d’ombre et des ténèbres ?

Le Prophète (paix sur lui) a placé 3 sentiments dans le cœur de ses compagnons qui s’en sont imprégnés et par lesquels ils ont rayonné :

  1. Il imprima dans leur cœur que ce avec quoi il était venu est la vérité et que le reste est erreur, que son message est le meilleur des messages, que son programme est le meilleur des programmes et sa législation l’organisation la plus complète par laquelle se réalisé le bonheur de tous les hommes. Il leur récita du Livre de Dieu ce qui, abondant en ce sens, affermissait l’être et liait le cœur : « Tiens-toi à ce qui t’est révélé, car tu es sur la voie droite. Cela est certes un rappel pour toi et pour ton peuple : vous serez bientôt interrogés » (L’ornement)

  2. Il imprima encore dans leur cœur le sentiment qu’étant les partisans de la vérité et les porteurs du message de lumière, alors que d’autres errent dans la nuit, et puisque enfin ils avaient entre les mains ce qui, provenant des cieux, les guidait dans l’orientation des affaires du monde, il fallait nécessairement qu’ils devinssent des enseignants pour les gens […].

  3. Enfin, il imprima dans leur cœur le sentiment que, s’ils croyaient assurément à cette vérité et s’ils étaient fiers d’y être fidèles, alors Dieu les aiderait, les guiderait et leur donnerait la victoire et les soutiendrait même si tous les hommes s’opposaient à eux […]. »


Note : Il ne s'agit pas d'idéaliser l'histoire de la civilisation musulmane qui est l'histoire d'hommes et de femmes et qui a été, comme les histoires de toutes les civilisations, marquée par des points positifs et négatifs. Reste qu'aucune autre civilisation ne s'est construite durablement aussi rapidement à partir de rien ou presque.

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Cheikh Khalîlul Rahmân Sajjad Nu’mânî nous vient de Lucknow en Inde. C’est un savant et penseur distingué, fils d’un non moins savant distingué, le regretté Cheikh Mouhammad Manzoûr Nou’mânî (que Dieu lui fasse Miséricorde).

Il a fait ses études à Nadwatoul Oulama ainsi qu’à la Madînah University. C’est un commentateur reconnu du Coran mais il voyage également beaucoup pour la da’wah.

Ce qui suit est une interview réalisée en Afrique du Sud où il avait été invité en Octobre 2002 par un certain nombre d’établissements éducatifs islamiques.


Question : Quels conseils pour les musulmans vivant en Occident après les événements du 11 Septembre 2001 ?

Réponse : Une des sounnahs du Messager de Dieu (paix sur lui) est de transformer toute adversité en opportunité. Dans l’histoire de l’islam, tous les progrès ont été réalisés par l’intermédiaire de cette sounnah.


L’aspect positif de la situation actuelle, c’est que tous les regards sont braqués sur l’islam, toutes les discussions parlent de l’islam. Les gens veulent en savoir plus à propos de l’islam. C’est une situation idéale qu’il faut saisir pour promouvoir le message de l’islam ; et cela ne peut se faire qu’en montrant de manière pratique et concrète le véritable comportement du musulman. Dans le même temps, il faut essayer de faire disparaître toutes les peurs et les appréhensions à l’égard de cette religion. Pour ce faire, il faut beaucoup user de psychologie.


Il faut absolument éviter toute attitude réactionnaire ou enflammée mais adopter une approche positive. Autrement, il existe le danger bien réel de verser dans l’extrémisme et la haine. Et ce sont là deux écueils périlleux car il s’y trouve bien plus de méfaits que de bienfaits pour l’islam. Si nous parvenons à renverser notre manière de voir, que nous transformons les adversités en opportunités, nous tiendrons le bon bout, et la situation changera.

Q : Quels conseils précis pour les musulmans en Occident ?

R : S’ouvrir. Saisir les opportunités pour porter aux autres le message de l’islam. Créer ces opportunités à la maison ou en public. Faire de son mieux pour que disparaissent ces peurs et ces crispations par rapports au message de l’islam. Tout doit être entrepris pour lever les doutes et les malentendus sur l’islam.

Les musulmans doivent également apprendre à partager leurs valeurs ; ces valeurs qu’ils ont malheureusement gardées seulement pour eux depuis des décennies. Ils les ont gardées peut-être pour tenter de préserver leur identité et peut-être qu’il était nécessaire de le faire. Mais on ne peut plus continuer à vivre de cette manière tellement fermée, opaque, isolationniste. Partager ses idées avec les gens, dans les écoles, dans les universités, dans les usines… Là où c’est possible, ne pas hésiter un instant pour offrir une compréhension saine de l’islam et des musulmans. Et s’il le faut, diminuer de votre temps de travail. Utiliser les médias à bon escient pour propager le vrai message de l’islam. Utiliser les Mosquées à bon escient dans le même but. Il faudra, pour savoir comment le faire, constamment revenir à l’exemple prophétique. Si des gens qui n’avaient pas encore accepté l’islam venaient au Prophète (paix sur lui), celui-ci les accueillait généreusement. Se rappeler de quelque chose d’important : ceux qui n’ont pas accepté l’islam ne sont pas tenus aux règles de l’islam, comme par exemple les règles concernant la pureté ou l’hygiène… Ces règles s’appliquent aux musulmans. Tenant compte de ce dernier point, il deviendra facile d’ouvrir nos Mosquées aux non musulmans. Œuvrer pour que l’opinion publique devienne favorable à l’islam. Il est clair qu’il existe des forces sataniques qui ne cessent de susciter haine, préjugé négatif, appréhension à propos de l’islam et des musulmans. Ils veulent que s’installe un climat d’hostilité entre les musulmans et les autres. Mais à nous d’être vigilants et actifs pour qu’ils échouent.

Q : Quels conseils pour les oulamas, les professionnels et les masses musulmanes ?

R : Humblement, je dirai aux oulamas la chose suivante : Vous êtes parvenus à préserver admirablement l’islam à travers les masses musulmanes en Occident. Je ne peux m’empêcher, à chaque fois que je visite l’Occident de penser à ce verset « Il y a certes un enseignement pour vous dans les bestiaux: Nous vous abreuvons de ce qui est dans leurs ventres, - (un produit) extrait du (mélange) des excréments (intestinaux) et du sang - un lait pur, délicieux pour les buveurs. » (16 / 66) Tel ce lait pur que Dieu fait sortir au milieu d’impuretés, vous portez la foi malgré un environnement difficile. C’est remarquable.

Mais je leur dirai qu’il faut aller plus loin car une autre étape a commencé même si elle arrive tardivement. Nous étions dans la préservation de la foi, nous voilà maintenant dans la promotion de la foi. D’une attitude de protection de la foi par rapport à l’autre, c’est-à-dire le non musulman, nous devons maintenant passer à l’ouverture à l’autre pour qu’il découvre cette foi. Si nous ratons cette étape, les générations futures seront mal loties. C’est donc mon humble requête auprès des oulamas pour qu’ils augmentent leurs efforts dans cette voie.

Humblement encore, je leur dirai de ne pas s’attarder sur les divergences d’avis, particulièrement les différences entre écoles juridiques. Notre ennemi d’aujourd’hui n’est pas une école juridique, mais l’ensemble des forces sataniques. Là doivent se concentrer nos efforts. Humblement encore, je les renvoie à l’approche de Shâh Walîyullâh (1703 – 1762) en la matière. Il naquit dans une période où le koufr (mécréance) allait en augmentant. Mais il est remarquable qu’il employât ses efforts à unir les gens de différentes tendances. Il travailla sans relâche pour que tous les musulmans s’opposent aux forces du koufr. Cela permit la naissance du grand mouvement de Sayyid Ahmad Shahîd (1786 – 1831), puis plus tard de Cheikh ul-Hind Chieikh Mahmoûd-oul-Hassan (que Dieu leur fasse Miséricorde).

Aux professionnels, je leur demanderai de ne pas user de leur position et influence seulement pour s’enrichir, mais au profit des musulmans et des gens en général.

Aux masses musulmanes, je leur demanderai de devenir des véritables musulmans et d’œuvrer pour que le maximum découvre cette religion. Et si cela est organisé collectivement, de grandes choses peuvent être envisagées. Tout le monde doit contribuer, hommes, femmes, jeunes, personnes âgées…

Le plus important est de ne pas se décourager. Ne pas s’irriter du cours des choses. Ne pas être vexé de la tournure des événements dans ce bas monde. Chercher à comprendre que toute difficulté s’accompagne d’une facilité. C’est ce que nous rappelle le Coran de manière répétée dans la sourate 94. Chaque nation connaît des cycles, comme l’être humain qui traverse différents états : parfois heureux, parfois triste… Les nations également connaissent la même chose. Si nous prenons peur, notre évolution sera freinée. Il faut entretenir notre volonté et notre confiance. Que Dieu accorde à toute la oummah cette grâce de ne pas s’affoler, de ne pas prendre peur, de ne pas s’irriter, de ne pas se vexer, de canaliser ses énergies vers la recherche de solutions plutôt que la création de problèmes.

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