Salmân Al-Fârisî (que Dieu l'agrée) naquit dans un village nommé Jiyân qui se trouvait à Ispahan, ville située entre Téhéran et Chirâz dans la République actuelle d'Iran.
Salmân (que Dieu l'agrée) raconta sa vie en ces termes :
"J'étais un jeune persan et j'habitais Ispahan dans un village nommé Jiyân. Mon père y fut le chef et le concitoyen le plus riche et occupa le rang le plus distingué. Dès ma venue au monde, il me voua un amour extraordinaire. Cette affection paternelle s'était accrue considérablement de jour en jour, jusqu'à ce que mon père décida de m'enfermer à la maison par crainte pour moi, tel que l'on faisait exactement avec les jeunes filles.
Je faisais des progrès dans le mazdéisme* au point de devenir seul responsable d'entretenir le feu que nous adorions et de ranimer sa flamme pour qu'elle demeurât ardente du jour comme de nuit.
* (Le mazdéisme est une religion de l'ancienne Perse, appelée aussi zoroastrisme. Attestée depuis le 2ème millénaire avant JC, elle est l'une des plus anciennes religions. Les zoroastriens/mazdéens vénèrent le feu éternel, symbole divin.)
Mon père possédait un grand domaine qui nous rapportait une récolte abondante et dont il prenait constamment soin et faisait la cueillette. Un jour, ayant été retenu par quelque affaire, il fut dans l'impossibilité de s'y rendre et s'adressa à moi en disant : "Ô mon fils ! Comme tu le vois, je suis tout à fait absorbé et je ne peux pas m'occuper aujourd'hui du domaine. Vas-y donc et prends-en soin à ma place". Je partis alors pour cette destination.
Sur ma route, je passai par l'un de ces édifices consacrés au culte des chrétiens et j'entendis leurs voix qui en émanaient pendant la célébration de la prière. Ceci retint mon attention car je ne savais rien sur la foi chrétienne ou sur les autres religions, puisque je fus pendant longtemps tenu éloigné du commerce des gens par mon père. Ayant entendu leurs voix, je pénétrai dans leur église pour voir ce qu'ils étaient en train de faire. Je les contemplai et admirai leurs prières, j’eus immédiatement envie d’embrasser leur religion. Je me dis : "Certes, cette foi est meilleure que la nôtre". Je restai auprès d'eux jusqu'au coucher du soleil en transgressant l'ordre paternel. Je leur posai alors la question :
"Quelle est l'origine de cette religion?".
- "Elle provient d'Ach-Châm", répondirent-ils.
A la nuit tombante, je rentrai chez moi. Mon père me demanda ce que j'avais fait.
- "Ô mon père! Je suis passé par des gens en train de prier dans leur église et j'ai été fasciné par leur religion. Je suis resté, en effet, chez eux jusqu'au coucher du soleil".
Affolé, mon père me dit : "Ô mon fils! Ta religion qui est celle de tes ancêtres est meilleure que cette foi qui ne comporte aucun bien".
- "Non, leur religion prévaut certainement sur la nôtre".
Mes paroles effrayèrent mon père qui eut peur que je n'abjure ma religion. Sur ces entrefaites, il me cloîtra à la maison en m'enchaînant les pieds.
Son séjour à Ach-Châm et sa recherche de la vérité
Un jour, cependant, j’eus la possibilité de transmettre ces propos aux nazaréens : " Lorsqu’une caravane en destination d’Ach-Châm passera par chez vous, veuillez m'en avertir". Peu de temps après, l'occasion se présenta. Je pus alors me délivrer de mes chaînes et je sortis en leur compagnie après m'être déguisé.
Une fois arrivé à Ach-Châm, je demandai : "Qui est l'homme le plus instruit sur la religion chrétienne ? ".
- "L'archevêque placé à la tête de l'église", dirent-ils.
J'allai le trouver et lui dis : "Je désire embrasser le christianisme et rester auprès de vous, à votre service, pour que vous m'instruisiez sur cette religion et me guidiez à accomplir les prières". Il consentit à ma proposition et je me mis alors à son service.
Cependant, je ne tardai pas à constater qu'il était un mauvais homme. Il exhortait ses adeptes à la charité en leur faisant valoir sa rétribution immense. Et dès qu'ils lui faisaient l'aumône pour qu'il la dépense dans la voie de Dieu, il s'en accaparait sans rien donner ni aux pauvres ni aux indigents, jusqu'à ce qu'il eût amassé de l'or à emplir sept jarres. Je finis vite par l'exécrer de tout mon cœur. Peu de temps après, il mourut et quand les nazaréens se réunirent pour procéder à son enterrement, je leur dis :
"Cet homme était méchant. Il vous ordonnait vivement de faire l'aumône et vous incitait incessamment à la charité mais quand vous la lui faisiez, il la thésaurisait sans rien donner aux pauvres".
- "Comment le sais-tu ?! ", dirent-ils.
- "Je vais vous indiquer le lieu où il a enfoui son trésor", dis-je.
- "Oui, montre-le-nous", répliquèrent-ils.
Je leur désignai son emplacement d'où ils purent extraire sept jarres emplies d'or et d'argent. Les ayant vu, ils dirent : "Par Dieu! Nous ne l'enterrerons pas". Ils le crucifièrent et se mirent à lapider son cadavre.
Puis, ils désignèrent à son poste un autre homme auquel je m'attachai. Je n'ai jamais vu un homme plus ascète que lui, renonçant aux choses de ce monde et ne désirant que celles de l'au-delà. Il s'adonnait avec zèle aux dévotions jour et nuit. Je lui vouais donc un profond amour et je demeurai à ses côtés pendant une longue période.
Dans son lit de mort, je lui dis : "Ô untel ! Conseillez-moi. A qui me recommandez-vous? A qui devrais-je m'attacher après votre décès?".
- "Ô mon fils! Je ne connais qu’une seule personne de même discipline que moi, un homme vivant à Mossoul qui s'appelle untel et qui n'a jamais dévié. Va donc le rejoindre".
A la mort de mon compagnon, j'allai rejoindre l'homme de Mossoul, à qui je racontai mon histoire. L'ayant terminée, je lui dis : "Mon compagnon untel m'a conseillé, avant de mourir, de vous rejoindre et m'a informé que vous étiez encore attaché à la discipline vraie qu'il confessait".
- "Reste donc chez moi", telle fut sa réponse. Je séjournai chez lui et je constatai qu'il était un homme parfait.
Mais, peu après, il rendit le dernier soupir. A l'article de la mort, je lui demandai: "Ô untel ! Par l'état où vous vous trouvez selon l'ordre de Dieu, vous avez une parfaite connaissance de ma personne. A qui me recommandez-vous ? Et qui m'ordonnez-vous d'aller rejoindre?".
- "Ô mon fils! Par Dieu ! Je ne connais personne qui est de même discipline que nous, excepté un homme vivant à Nasybîn et qui s'appelle untel. Va donc à sa rencontre".
Une fois qu'on le fit enterrer, j'allai à la rencontre de l'homme de Nasybîn, à qui je racontai mon histoire, ce que m'avait commandé de faire mon défunt ami.
- "Reste donc chez nous", dit-il. Je m'arrêtai donc chez lui et je découvris qu'il emboîtait le pas à ses autres ex-amis qui furent de conduite parfaite.
Mais, il cessa de vivre peu de temps après et au moment de son agonie, je lui dis : "Vous savez toute mon histoire, à qui vous me recommandez donc?".
- "Ô mon fils! Par Dieu! Je ne connais personne qui professe encore la même discipline que nous, sauf un homme vivant à 'Amûriyya et qui s'appelle untel. Va donc le rejoindre".
Je m'acheminai donc vers celui-ci et je lui racontai mon histoire.
- "Reste donc chez moi", dit-il. Je séjournai chez lui et je vis qu'il était homme de bien tel ses défunts compagnons. Chez lui, je pus faire fortune et j'eus quelques vaches et du butin.
Le moine conseillant à Salmân de suivre le Prophète
Un certain laps de temps s'écoula et vint le moment de sa mort, je lui dis alors : "Vous savez toute mon histoire, à qui me recommandez-vous donc et qu'est-ce que vous me commandez de faire?".
- "Ô Mon fils ! Je ne connais absolument personne sur cette terre qui se trouve encore à cheval sur notre discipline. Mais c'est bien le temps de l'avènement d'un Prophète qui va apparaître au territoire arabe. Il professera la religion d'Abraham et s'expatriera en émigration vers un terrain peuplé de palmiers, situé entre deux terres arides. Il sera reconnu à des signes incontestables : il mange du cadeau qu'on lui offre, ne touche jamais à ce qui est destiné à l'aumône et entre ses épaules, il y a le cachet de la prophétie. Tâche donc de partir pour ce pays". Puis, il rendit le dernier soupir. Quant à moi, je demeurai pendant quelques temps à 'Amûriyya.
Son arrivée dans la péninsule arabique
Un jour, un groupe de marchands arabes issus de la tribu Kalb passait par 'Amûriyya, je leur proposai alors de m'emmener avec eux aux pays des Arabes, en échange de ma vache et de ma part du butin. Ils consentirent et moi de leur faire don de mes possessions. Une fois arrivés à Wâdî Al-Qura, ils me trahirent et me vendirent à un juif et j'entrai donc en son service.
Sâlmân Al-Fârisî (ra)
Salmân Al-Fârisî (que Dieu l'agrée) naquit dans un village nommé Jiyân qui se trouvait à Ispahan, ville située entre Téhéran et Chirâz dans la République actuelle d'Iran.
Salmân (que Dieu l'agrée) raconta sa vie en ces termes :
"J'étais un jeune persan et j'habitais Ispahan dans un village nommé Jiyân. Mon père y fut le chef et le concitoyen le plus riche et occupa le rang le plus distingué. Dès ma venue au monde, il me voua un amour extraordinaire. Cette affection paternelle s'était accrue considérablement de jour en jour, jusqu'à ce que mon père décida de m'enfermer à la maison par crainte pour moi, tel que l'on faisait exactement avec les jeunes filles.
Je faisais des progrès dans le mazdéisme* au point de devenir seul responsable d'entretenir le feu que nous adorions et de ranimer sa flamme pour qu'elle demeurât ardente du jour comme de nuit.
* (Le mazdéisme est une religion de l'ancienne Perse, appelée aussi zoroastrisme. Attestée depuis le 2ème millénaire avant JC, elle est l'une des plus anciennes religions. Les zoroastriens/mazdéens vénèrent le feu éternel, symbole divin.)
Mon père possédait un grand domaine qui nous rapportait une récolte abondante et dont il prenait constamment soin et faisait la cueillette. Un jour, ayant été retenu par quelque affaire, il fut dans l'impossibilité de s'y rendre et s'adressa à moi en disant : "Ô mon fils ! Comme tu le vois, je suis tout à fait absorbé et je ne peux pas m'occuper aujourd'hui du domaine. Vas-y donc et prends-en soin à ma place". Je partis alors pour cette destination.
Sur ma route, je passai par l'un de ces édifices consacrés au culte des chrétiens et j'entendis leurs voix qui en émanaient pendant la célébration de la prière. Ceci retint mon attention car je ne savais rien sur la foi chrétienne ou sur les autres religions, puisque je fus pendant longtemps tenu éloigné du commerce des gens par mon père. Ayant entendu leurs voix, je pénétrai dans leur église pour voir ce qu'ils étaient en train de faire. Je les contemplai et admirai leurs prières, j’eus immédiatement envie d’embrasser leur religion. Je me dis : "Certes, cette foi est meilleure que la nôtre". Je restai auprès d'eux jusqu'au coucher du soleil en transgressant l'ordre paternel. Je leur posai alors la question :
"Quelle est l'origine de cette religion?".
- "Elle provient d'Ach-Châm", répondirent-ils.
A la nuit tombante, je rentrai chez moi. Mon père me demanda ce que j'avais fait.
- "Ô mon père! Je suis passé par des gens en train de prier dans leur église et j'ai été fasciné par leur religion. Je suis resté, en effet, chez eux jusqu'au coucher du soleil".
Affolé, mon père me dit : "Ô mon fils! Ta religion qui est celle de tes ancêtres est meilleure que cette foi qui ne comporte aucun bien".
- "Non, leur religion prévaut certainement sur la nôtre".
Mes paroles effrayèrent mon père qui eut peur que je n'abjure ma religion. Sur ces entrefaites, il me cloîtra à la maison en m'enchaînant les pieds.
Son séjour à Ach-Châm et sa recherche de la vérité
Un jour, cependant, j’eus la possibilité de transmettre ces propos aux nazaréens : " Lorsqu’une caravane en destination d’Ach-Châm passera par chez vous, veuillez m'en avertir". Peu de temps après, l'occasion se présenta. Je pus alors me délivrer de mes chaînes et je sortis en leur compagnie après m'être déguisé.
Une fois arrivé à Ach-Châm, je demandai : "Qui est l'homme le plus instruit sur la religion chrétienne ? ".
- "L'archevêque placé à la tête de l'église", dirent-ils.
J'allai le trouver et lui dis : "Je désire embrasser le christianisme et rester auprès de vous, à votre service, pour que vous m'instruisiez sur cette religion et me guidiez à accomplir les prières". Il consentit à ma proposition et je me mis alors à son service.
Cependant, je ne tardai pas à constater qu'il était un mauvais homme. Il exhortait ses adeptes à la charité en leur faisant valoir sa rétribution immense. Et dès qu'ils lui faisaient l'aumône pour qu'il la dépense dans la voie de Dieu, il s'en accaparait sans rien donner ni aux pauvres ni aux indigents, jusqu'à ce qu'il eût amassé de l'or à emplir sept jarres. Je finis vite par l'exécrer de tout mon cœur. Peu de temps après, il mourut et quand les nazaréens se réunirent pour procéder à son enterrement, je leur dis :
"Cet homme était méchant. Il vous ordonnait vivement de faire l'aumône et vous incitait incessamment à la charité mais quand vous la lui faisiez, il la thésaurisait sans rien donner aux pauvres".
- "Comment le sais-tu ?! ", dirent-ils.
- "Je vais vous indiquer le lieu où il a enfoui son trésor", dis-je.
- "Oui, montre-le-nous", répliquèrent-ils.
Je leur désignai son emplacement d'où ils purent extraire sept jarres emplies d'or et d'argent. Les ayant vu, ils dirent : "Par Dieu! Nous ne l'enterrerons pas". Ils le crucifièrent et se mirent à lapider son cadavre.
Puis, ils désignèrent à son poste un autre homme auquel je m'attachai. Je n'ai jamais vu un homme plus ascète que lui, renonçant aux choses de ce monde et ne désirant que celles de l'au-delà. Il s'adonnait avec zèle aux dévotions jour et nuit. Je lui vouais donc un profond amour et je demeurai à ses côtés pendant une longue période.
Dans son lit de mort, je lui dis : "Ô untel ! Conseillez-moi. A qui me recommandez-vous? A qui devrais-je m'attacher après votre décès?".
- "Ô mon fils! Je ne connais qu’une seule personne de même discipline que moi, un homme vivant à Mossoul qui s'appelle untel et qui n'a jamais dévié. Va donc le rejoindre".
A la mort de mon compagnon, j'allai rejoindre l'homme de Mossoul, à qui je racontai mon histoire. L'ayant terminée, je lui dis : "Mon compagnon untel m'a conseillé, avant de mourir, de vous rejoindre et m'a informé que vous étiez encore attaché à la discipline vraie qu'il confessait".
- "Reste donc chez moi", telle fut sa réponse. Je séjournai chez lui et je constatai qu'il était un homme parfait.
Mais, peu après, il rendit le dernier soupir. A l'article de la mort, je lui demandai: "Ô untel ! Par l'état où vous vous trouvez selon l'ordre de Dieu, vous avez une parfaite connaissance de ma personne. A qui me recommandez-vous ? Et qui m'ordonnez-vous d'aller rejoindre?".
- "Ô mon fils! Par Dieu ! Je ne connais personne qui est de même discipline que nous, excepté un homme vivant à Nasybîn et qui s'appelle untel. Va donc à sa rencontre".
Une fois qu'on le fit enterrer, j'allai à la rencontre de l'homme de Nasybîn, à qui je racontai mon histoire, ce que m'avait commandé de faire mon défunt ami.
- "Reste donc chez nous", dit-il. Je m'arrêtai donc chez lui et je découvris qu'il emboîtait le pas à ses autres ex-amis qui furent de conduite parfaite.
Mais, il cessa de vivre peu de temps après et au moment de son agonie, je lui dis : "Vous savez toute mon histoire, à qui vous me recommandez donc?".
- "Ô mon fils! Par Dieu! Je ne connais personne qui professe encore la même discipline que nous, sauf un homme vivant à 'Amûriyya et qui s'appelle untel. Va donc le rejoindre".
Je m'acheminai donc vers celui-ci et je lui racontai mon histoire.
- "Reste donc chez moi", dit-il. Je séjournai chez lui et je vis qu'il était homme de bien tel ses défunts compagnons. Chez lui, je pus faire fortune et j'eus quelques vaches et du butin.
Le moine conseillant à Salmân de suivre le Prophète
Un certain laps de temps s'écoula et vint le moment de sa mort, je lui dis alors : "Vous savez toute mon histoire, à qui me recommandez-vous donc et qu'est-ce que vous me commandez de faire?".
- "Ô Mon fils ! Je ne connais absolument personne sur cette terre qui se trouve encore à cheval sur notre discipline. Mais c'est bien le temps de l'avènement d'un Prophète qui va apparaître au territoire arabe. Il professera la religion d'Abraham et s'expatriera en émigration vers un terrain peuplé de palmiers, situé entre deux terres arides. Il sera reconnu à des signes incontestables : il mange du cadeau qu'on lui offre, ne touche jamais à ce qui est destiné à l'aumône et entre ses épaules, il y a le cachet de la prophétie. Tâche donc de partir pour ce pays". Puis, il rendit le dernier soupir. Quant à moi, je demeurai pendant quelques temps à 'Amûriyya.
Son arrivée dans la péninsule arabique
Un jour, un groupe de marchands arabes issus de la tribu Kalb passait par 'Amûriyya, je leur proposai alors de m'emmener avec eux aux pays des Arabes, en échange
de ma vache et de ma part du butin. Ils consentirent et moi de leur faire don de mes possessions. Une fois arrivés à Wâdî Al-Qura, ils me trahirent et me vendirent à un juif et j'entrai donc en
son service.
Peu après, l'un de ses cousins, issu des Banû Quraytha vint lui rendre visite et décida de m'acheter. Il m'emmena avec lui à Yathrîb où je vis les palmeraies
dont m'avait parlé mon compagnon de 'Amûriyya. Je connus alors Médine -en me référant à la description déjà faite par ce dernier. Je m'y installai donc en compagnie de mon maître.
A cette époque, le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) était en train de prêcher l'Islam parmi ses compatriotes mecquois. Toutefois, je n'entendais rien de ses nouvelles, parce que j'étais tellement absorbé par mes charges d'esclave.
Sa conversion à l'Islam
Quand le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) pénétra dans Yathrîb, je me trouvais en haut de l'un des palmiers de mon maître, en train d'y effectuer
quelque besogne. Mon maître était assis au pied de l’arbre lorsque l'un de ses cousins, vint lui dire : "Que Dieu fasse périr les Banû Qîla ! Ils sont à Qîbâ', entourant un homme qui vient
d'arriver aujourd'hui de La Mecque et qui prétend être un Prophète".
Dés que j’entendis ces paroles, je me sentis fiévreux et si agité que j’eus peur de perdre mon équilibre et de tomber sur mon maître. Je descendis donc du
palmier et m’adressai à l'homme :"Que dites-vous ? Veuillez me répéter cette nouvelle".
Mon maître, pris d'un accès de colère, me donna un coup de poing en hurlant : "Pourquoi te mêles-tu de ce qui ne te regarde pas ? Occupe-toi de ton
travail ! ".
Le soir même, je pris quelques dattes cueillies dans la journée et me dirigeai vers le lieu où l'on donnait l'hospitalité au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui).
Je lui dis : "J'ai entendu dire que vous étiez un homme pieux et que vous aviez des compagnons étrangers et besogneux. Voilà quelque chose que je réservais pour
en faire l'aumône. Je vois donc que vous le méritez". Après lui avoir remis les quelques dattes, il dit à ses compagnons :"Mangez!", tandis qu'il s'abstint à y goûter. Je me dis : "Voici l'un des
signes (de la prophétie)".
Je partis puis je me mis à ramasser, à nouveau, quelques dattes. Quand le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) quitta Qibâ' et alla s'installer à
Médine, je vins lui dire : "J'ai remarqué que vous ne goûtez pas à l'aumône mais voici un cadeau que je vous offre avec tout mon respect". Il en mangea et invita ses compagnons à le partager avec
lui. Je me dis : "Voici le second (des signes de la prophétie)".
Je vins, un jour, trouver le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) pendant qu'il fut à Baqî' Al-Gharqad en train d'enterrer l'un de ses compagnons. Je le vis assis, vêtu d'une pèlerine. Je le saluai, puis je me retournai pour regarder son dos, en essayant de voir le cachet déjà décrit par mon compagnon de 'Amûriyya.
Quand le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) m'aperçut en train de fixer son dos, il comprit mon intention. Sur ce, il ôta sa pèlerine et dénuda son
dos. Dés que je reconnus le cachet de la prophétie, je me jetai sur lui et l'embrassai tout en pleurant.
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dit alors : "Qu'est-ce qui te prend donc? ". Je me mis à lui raconter mon histoire qu'il admira. Il m'ordonna avec joie de la répéter par moi-même à ses compagnons qui s'en étonnèrent et s'en réjouirent.
Badr et Ouhoud
Salman ne put pas prendre part aux expéditions de Badr et d'Ouhoud en raison de son statut d'esclave en fuite.
Lors de la bataille du fossé, il fait profiter à ses frères une technique de défense jusqu'alors inconnue par les musulmans (5 H)
Les musulmans se trouvaient dans une situation critique. Salman jeta un coup d'oeil du sommet d'une colline, il scruta tout Médine. Il la voyait comme il la connaissait auparavant, fortifiée par les montagnes et les rochers qui la défendent, mais un grand trou bien préparé permettait à une armée de pénétrer de façon très aisée.
Salman avait appris dans son pays, la Perse, plusieurs moyens de guerre et stratagèmes. Il proposa au Messager (paix et bénédiction de Dieu sur lui) son idée,
inconnue jusqu'alors des arabes dans leurs guerres : creuser une tranchée qui couvre la place découverte autour de Médine !
Le jour de Khandaq (la tranchée), les Ansars (Les Médinois) dirent : "Salman est des nôtres». Et les Emigrés (Mouhajirines) répondirent : "Plutôt il est des
nôtres».
Le Messager (paix et bénédiction de Dieu sur lui) les interpella et dit : "Salman est des nôtres et de la famille de Mohammad ! "
Pendant le califat d'Omar, Salmân Al-Fârisi vint visiter Médine, Omar lui fit ce qu'il n'a point fait à personne. Il rassembla ses compagnons et leur dit :
"Allons accueillir Salman!"
Et il sortit avec eux pour l'accueillir aux confins de Médine. Salman vécut avec le Messager (paix et bénédiction de Dieu sur lui) depuis leur rencontre, en tant que Croyant, musulman, libre,
combattant et adorateur.
Il devient calife de Médine, malgré sa répulsion pour ce poste
Durant toute la durée de son règne à Médine, son comportement ne changea pas. Il refusait de recevoir un sou du salaire de gouverneur, mangeait du travail des joncs et portait une cape plus modeste que ses habits usés.
Un jour il rencontra un homme venant de Damas portant des figues et des dattes. Cette lourde charge fatiguait le Damasquin. En voyant devant lui un homme pauvre (Salmân), il songea à lui proposer de porter la charge contre un salaire en arrivant. Il lui fit donc signe de s'approcher de lui, et lui dit : "Porte ceci à ma place ». Et ce fut fait.
Chemin faisant ils rencontrèrent des gens, Salmân les salua, ils lui répondirent en s'arrêtant :« Que la paix soit sur l'émir » « La paix sur l'émir?!
Quel émir désignent-ils ?? » Ainsi se demandait le Damasquin...
Et il fut de plus en plus étonné lorsqu'il vit quelques uns accourir vers Salmân pour l'aider à porter sa charge en disant : « Donnez-nous Ô émir
! »
Le Damasquin lui avait donné à porter le seau alors qu'il était le gouverneur de Médine (Salmân Al Fârisi). Il fut ébahi et ne trouvait comment s'excuser. Il s'approcha pour reprendre la charge mais Salmân hocha la tête en refusant et dit : "Non, jusqu'à ce que tu arrives chez toi ! "
Sa mort
Sa'd Ibn Abî Waqas est venu lui rendre visite sur son lit de mort, Salmân pleura.
Sa'd lui dit : "Pourquoi pleures-tu Abou Abdallah ? Le Messager de Dieu est mort satisfait de toi."
Salman lui répondit : "Par Dieu je ne pleure pas craignant la mort, ni par amour de la vie, mais le Messager nous a proposé un engagement en disant : « Que
chacun prenne de la vie la part du voyageur » et me voilà entouré par toute cette opulence».
Sa'd dit : "Je regardai autour de moi ne voyant qu'une grande écuelle et un récipient pour les ablutions. Alors je lui demandai : "Ô Abou Abdallah propose-nous un engagement auquel nous
nous attacherons ! ».
"Ô Saad ! Mentionne Dieu quand tu veux faire une chose. Et lors de ton jugement. Et lorsque tu veux faire un partage."
Le jour de sa mort il appela sa femme : "Va m'apporter ce que je t'ai confié."
Elle apporta un sac de musc qu’il gardait précieusement depuis la conquête de Jaloula' afin de s'en embaumer le jour de son décès.
Puis il fit chercher un verre d'eau, il y mit le musc, mélangea de sa main et dit à sa femme :"Asperge-le autour de moi car maintenant je reçois des créatures de Dieu qui ne mangent pas la
nourriture mais aiment le parfum."
Quand elle fit cela, il lui dit : "Ferme la porte sur moi et descends», et sa femme exécuta son ordre. Peu après elle monta chez lui alors que son âme bénite
avait déjà quitté son corps et ce bas monde.
Ses mérites
Selon 'Aidh Ibn 'Amr Al Mouzannï (que Dieu l'agrée), Abou Soufyane vint avec un groupe d'hommes auprés de Salmân, Souhayb et Bilal. Ces trois derniers dirent : "Les sabres de Dieu n'ont pas encore eu justice de l'ennemi de Dieu"
Abou Bakr (que Dieu l'agrée) leur dit alors : "Comment dites-vous des choses pareilles à l'ancien de la tribu de Qoraych et à son seigneur?"
Puis il se rendit chez le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et l'en informa. Il lui dit :"Ô Abou Bakr ! Peut-être les as-tu fâchés? Et si tu les as fâchés, tu as certainement fâché ton Seigneur".
Il alla les voir et leur dit : "Mes frères! Est-ce que je vous ai fâchés?"
Ils dirent : "Non, frère! Mais que Dieu t'en absolve ô frère!" (Mouslim)
Le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Certainement Dieu ma commandé d'aimer quatre personnes et m'a informé qu'Il les aime".
Les compagnons ont demandé : "Ô Messager de Dieu qui sont ces quatre personnes ? "
Le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) répondit : " 'Ali en fait partie -le Prophète le répéta trois fois-, Abou Dhar, Salmân al-Fârisi, et Miqdad ". (Ibn Mâja n°149, Al-hâkim,
Ahmad)
On rapporte qu'un jour le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) posa sa main sur Salmân et dit : "Si la foi était dans les pléiades, l'un de ces hommes
l'aurait attrapée". Et, il désigna Salmân.
Il a aussi été rapporté que le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) dit : "Le Paradis désire ardemment trois hommes, 'Ali, 'Ammar et Salmân".
(at-tirmidhi n°3884)
'Ali bin Abi Taleb lui donnait le pseudonyme de "Luqman le sage". Il fut questionné sur cela après sa mort, il dit : "C'est un homme qui appartient à la famille de Mohammad. Pouvez-vous trouver un autre pareil à Luqman le sage?".
Al-Bukhâri voyagea beaucoup pour rencontrer les savants de son époque, devenir leur disciple et apprendre, toujours apprendre. Lors d’un séjour à Bagdad, aujourd’hui dévastée par l’occupant, des savants se réunirent pour le mettre à l’épreuve. Ils choisirent cent hadiths qu’ils décidèrent de lui soumettre avec pour chaque une chaîne de transmission erronnée. Chaque hadith était donc bon, mais l’isnad, la chaîne de transmission, n’était pas correcte. Elle avait été volontairement faussée par les savants. Vint le jour de la mise à l’épreuve, un savant récita à Al-Bukhâri successivement dix de ces hadiths. A chaque fois, Al-Bukhâri se contenta de répondre : “Je ne connais pas ce hadith”. L’assistance fut persuadée de l’ignorance d’Al-Bukhâri. Pas les savants, qui se rendirent compte que c’était un fin connaisseur. Lorsqu’on arriva au centième hadith, ce fut au tour d’Al-Bukhâri de prendre la parole. Il reprit chaque hadith un à un et récita sa chaîne de transmission authentique. Tout le monde sut alors qui il était.
Voyons maintenant où se trouve la ville natale d’Al-Bukhâri (jouer avec les fléches pour zoomer et situer l’Ouzbékistan).
Pour voir Bukhara directement sur Google Maps, cliquez : Bukhara.
Puis la ville où il est mort.
Pour voir Samarcande directement sur Google Maps, cliquez : Samarcande
A suivre : Uhud.
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